Parlons un peu de moi (promis, juste un peu)

Alors oui, écrire un article sur soi, c’est un peu le comble du manque de modestie... Mais promis, ce n’est pas (que) pour flatter mon ego ! 

J’ai simplement envie de partager mon parcours, mes virages, mes doutes. Si je le fais, c’est parce que je crois profondément qu’il n’y a pas de parcours parfait, seulement des chemins qu’on façonne avec ce qu’on a, à son rythme. Et surtout parce que peu importe d’où l’on vient, on peut toujours trouver du temps à consacrer à sa passion.

Mon histoire, c’est une succession de virages bien serrés.

En 2018, on m'offre ma première machine à coudre  : une Singer de seconde (voire dixième) main, cinq points au compteur et un petit caractère. C’était une relation… disons, compliquée. J’étais folle de joie de l’avoir, mais elle m’impressionnait parce qu'enfin, je pouvais tester tous ces tutos que je regardais depuis des années ! À l’époque, je cousais avec les moyens du bord : je modifiais mes vêtements (pas les moyens d’acheter des tissus neufs) et faisais de la récup’.

Après un bac S spécialité maths obtenu... comment dire... on ne sait toujours pas comment, je décide de partir en licence de droit. Sujet passionnant, certes, mais mon deuxième semestre tombe pile pendant le Covid et les confinements... Résultat : retour chez ma mère, fin de l’indépendance et début du télétravail académique.

Pendant ces confinements : nouvel environnement, nouvelle machine (Brother FS40), et là… tout s’ouvre. 

Mon village se mobilise pour faire des masques en tissu. Les habitants déposent d’anciens draps, nappes, vêtements, que nous, couturières du coin, transformons pour protéger tout le monde. Une vraie révélation. Je découvrais alors la beauté des tissus oubliés (ceux que les gens jettent pour une simple tache ou un petit trou) et une évidence s’est imposée : ces matières ont encore tant à offrir. C’est là que germe ma sensibilité à l’upcycling

Alors je termine ma première année de droit à 10,03 de moyenne (oui, la précision a son importance 😅) et je repars avec une seule certitude : j’ai envie d’ailleurs, sans encore savoir où. Pourtant, sur le papier, "une belle carrière" m’attendait.

Finalement, changement de décor : direction Bordeaux pour un BTS Tourisme. Deux belles années qui m’ouvrent à un univers que j’adore : les projets, la créativité, la relation avec les gens. Pendant mes années là-bas, je partage mes créations sur Instagram ; quelques personnes commencent à me suivre, à m’encourager, à croire en mon univers. 

Puis, incident dramatique : si vous êtes sensible, sautez ce paragraphe. 😬 L’aiguille de la machine à coudre… à travers le doigt. Oui, oui. Rien que d’y repenser, je sens encore la douleur.

Résultat : deux ans sans coudre, rien que de voir la silhouette d’une machine me terrifiait. Mais comme dans toutes les belles histoires, l’amitié reprend le dessus.

En attendant, je poursuis naturellement avec une licence en gestion de projet, et là, tout s’éclaire : j’aime créer et faire vivre des idées. Au fil des stages, des rencontres et des alternances, une idée grandit : un jour, je serai mon propre patron. Alors, pour aligner mes ambitions et mes compétences, je poursuis avec un master en école de commerce, option entrepreneuriat.

Pendant mon master, nouvelle ville, nouveaux repères à construire : je retrouve ma bonne vieille complice. La couture redevient ce refuge créatif qui m’aide à m'évader.

Encouragée par mes proches et animée par cette passion qui ne m’a jamais vraiment quittée, j’ai décidé de me lancer. De passer du loisir à l’aventure entrepreneuriale. De donner vie à ce projet qui incarne mes valeurs : la récup’, la créativité, la durabilité.

En fait, c’est comme si après des années en couple (hauts, bas, aiguille dans le doigt et tout) on décidait enfin de se marier. Tu captes ? Big up à Thomas et Nabila.

Non, je ne suis pas diplômée en mode, ni styliste de formation, mais je suis curieuse, persévérante, et autodidacte depuis des années. Et même si un diplôme n’a pas de prix, l’expérience et l’amour du faire soi-même sont tout aussi précieux.

Alors oui, cet article parle de moi.
Mais surtout, il parle de toutes celles et ceux qui ont une passion, qu’elle prenne la forme d’une aiguille, d’un pinceau, d’un clavier ou d’un jardin.
Parce qu’à force d’essayer, de douter, de créer, on finit par se tailler sur mesure : pas seulement un vêtement, mais une vie qui nous ressemble vraiment. 💚

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